Voyages imaginaires

L’exposition Voyages imaginaires, curatée par Michael Groneberg avec l’aide de Monica Unser, présente les travaux de quatre étudiant·e·s artistes de l’Université de Lausanne : Andrea Barciela, Colas Weber, Iris Dwir-Goldberg et Orlane Volkaert. Afin d’être adaptée au format en ligne, l’exposition donne à voir des photographies ou vidéos montrant leurs dessins, peintures, gravures ou œuvres digitales.

Cette exposition voit le jour dans le cadre de l’association des Maîtres de la Caverne, née en section de philosophie de l’Université de Lausanne, qui a pour but d’accompagner les étudiant·e·s ou les professeur·e·s dans la mise en place d’un projet créatif en lien avec les études et la recherche académique, tous médiums confondus : théâtre, cinéma, performance, danse, peinture, dessin, musique, etc.

Voyages imaginaires présente quatre mises en images de voyages, itinéraires ou parcours vécus, soient-elles imaginaires ou réelles. Andrea Barciela condense son itinéraire de formation scolaire et universitaire dans un tableau complexe. Il nous invite à traverser avec lui le premier chapitre de ce long voyage dans une vidéo annexe. Colas Weber s’intéresse à l’au-delà fantasmé dans le mythe d’Er présenté par Platon dans sa République, univers qu’il met en images en plus de réaliser une œuvre vidéo reflétant les questionnements personnels que ce mythe lui inspire. Iris Dwir-Goldberg nous présente deux séries de gravures, la première également inspirée du mythe d’Er de Platon et la deuxième évoquant le voyage céleste présenté par Empédocle qui y découvre la composition du cosmos. Orlane Volckaert, quant à elle, nous invite à une excursion dans son intimité par des pastels rouges tirés de ses carnets de voyage.

Andrea Barciela
La pratique artistique d’Andrea Barciela s’étale à présent sur plus d’une dizaine d’années. Sujet à des troubles obsessionnels compulsifs durant toute sa jeunesse, la peinture représentait d’abord pour lui un moyen d’expression thérapeutique. Elle s’est ensuite considérablement enrichie, notamment à travers ses études en Lettres. Situés à la croisée entre la littérature, la sociologie, l’histoire et la psychanalyse, ses tableaux n’ont de cesse d’interroger notre environnement social.

Pour l’exposition Voyages imaginaires, Andrea présente la Fabrique de la Condescendance, comme le prolongement d’un travail amorcé lors de son mémoire qui portait alors sur la question du transfuge social et l’écriture autobiographique. Effectué sous la direction du Professeur Jérôme Meizoz, ce travail est en réalité le fruit d’un long processus critique et théorique du système éducatif suisse tel qu’Andrea l’a vécu personnellement tout au long de sa trajectoire scolaire et universitaire.

Andrea Barciela, La Fabrique de la Condescendance, encre de chines sur bois, 3×1,70m, Mars-Septembre 2020.

 

 

 

Andrea Barciela, Quentin Anglio, Eddy Allamand & Eirini Peraki, Voyage à travers La Fabrique de la Condescendance, 4min 03sec, 2021

Colas Weber
Né à Yverdon-les-Bains en 1993, Colas Weber est actuellement étudiant en sciences des religions et philosophie à l’Université de Lausanne. Avant de se lancer dans des études en lettres il a travaillé pendant près de dix ans comme graphiste. Ses outils d’expression sont habituellement la peinture à l’huile, le théâtre ou la musique, mais au vue des circonstances actuelles, il a souhaité proposer une œuvre entièrement numérique, alliant modélisation 3D à de la génération de sons et du montage vidéo.
« Dans le mythe d’Er, Platon nous parle de nos âmes et de leurs transmigrations. Le philosophe nous propose un au-delà fait de prairie et de lumière, orchestré par des divinités et une impressionnante machine céleste composée de huit anneaux, dont les mouvements sont accompagnés par des chants de sirènes.
Aborder ce mythe s’est fait en deux étapes. La première, en collaboration étroite avec mon professeur de philosophie Monsieur Michael Groneberg, consista à mettre en image ce monde, et plus particulièrement la machine que nous décrit Platon.
La deuxième étape, plus intime, fut une réflexion quand à mon rapport avec ce mythe vieux de plus de 2300 ans. En cette période de pandémie, comme beaucoup d’entre nous, ma vie a été entièrement bouleversée par l’omniprésence de l’informatique. Alors que cette dernière n’était jusqu’à ce jour qu’un outil pratique, l’informatique est devenue indispensable à mes repas, mes études, ma vie sociale, mes loisirs, ma sexualité. Je me suis demandé si les algorithmes, témoins de mon comportement névrosé sur internet, finiraient par me connaitre mieux que moi même?

Dans ce contexte, j’ai fait le choix de donner au mythe d’Er une vision contemporaine et de questionner à travers lui le rapport que nous entretenons avec notre mémoire sur le web, cet arrière monde mystérieux où tout ce que nous regardons, disons, écoutons, envoyons, pensons est enregistré et quantifié tout au long de notre existence. Qu’adviend-t-il aujourd’hui de toutes ces traces, de tout ce “karma” numérique après la destruction de nos corps?
Bien que certaines religions proposent le pardon comme voie de salut aux âmes tourmentées, notre société sera-t-elle en mesure d’offrir le droit à l’oubli aux âmes encodées? Disparaitre de ce monde sera peut-être un luxe que seuls les plus riches d’entre nous pourront s’offrir, ce qui est paradoxal au sein d’une humanité qui a oeuvré tout au long de son histoire pour maintenir son souvenir aussi vivant que possible.
Alors que les lettres gravées dans la pierre ou l’argile sont les témoins les plus fiables de la pensée de celles et ceux qui nous ont précédés, que restera-t-il de nos mémoires électro-magnétiques? Je suis face au constat que notre souvenir n’a jamais été aussi durable et paradoxalement aussi peu fiable et fragile qu’aujourd’hui. Cette vidéo qui allie musique gênante à une image volontairement détériorée est la synthèse de toute cette réflexion. Tout comme le décrit Platon dans son mythe, elle commence avec une prairie, une prairie que nous connaissons toutes et tous. »

Colas Weber, Mythe d’Er, Vidéo, modélisation et musique, 1 min. 30 sec, 2021

 

Colas Weber, Les Moires, image digitale, 2021.

 

 

 

 

 

Colas Weber, Les sphères célestes, image digitale, 2021

 

 

 

 

 

Iris Dwir-Goldberg
Iris-Dwir Goldberg fréquente depuis 2001 l’Atelier Aquaforte à Lausanne, où elle s’est perfectionnée dans la gravure en taille-douce et la sculpture. Dès 2010, elle travaille en étroite collaboration avec la scène littéraire locale pour des “livres d’artistes”, des illustrations de poèmes et autres œuvres littéraires ou encore des livres pour enfants. Ses travaux, combinant souvent plusieurs techniques, ont été exposés dans différentes galeries en Suisse et différents pays d’Europe tels que l’Espagne, la France et l’Angleterre.
Les œuvres présentées dans cette exposition sont issues de différentes expérimentations autour de la technique de la gravure en taille douce. Iris Dwir-Goldberg utilise la pointe sèche, l’eau-forte, l’aquatinte, le gaufrage et la calligraphie combinées à l’encrage et l’impression sur papier, comme des possibilités expressives qui ajoutent une flexibilité et une richesse à ses œuvres et lui permettent de joindre des sentiers insolites dans son voyage créatif.
« La création est pour moi un chemin poétique, les mots évoquent des images. C’est un moment de magie, de mystère et de bonheur. Je commence avec une idée, une émotion ou un texte que je développe via différentes techniques afin de créer des formes et des couleurs composant mon œuvre finale.
La nature avec ses formes sauvages et aléatoires qui nous entoure, les textes anciens tel que la mythologie ou encore la poésie contemporaine sont des sources inépuisables d’inspiration.
J’exprime ainsi ma gratitude à la richesse incroyable de la nature qui nous entoure par le biais de mes médias favoris. »

 

Iris Dwir-Goldberg, La bataille où Er a été tué, Aquatinte et collage, 20×24 cm.

 

 

 

 

 

 

 

Iris Dwir-Goldberg, Les âmes sortent de leurs corps et montent au ciel, Aquatinte et collage, 20×30 cm.

 

 

 

 

 

 

 

Iris Dwir-Goldberg, Âme qui vient du ciel, Aquatinte et collage, 20×30 cm.

 

 

 

 

 

 

Iris Dwir-Goldberg, Âme qui monte de la terre, Aquatinte et encre de chine, 25×25 cm.


Iris Dwir-Goldberg, L’âme pur contre l’âme impure, Aquatinte et collage, 25×25 cm.

 

Iris Dwir-Goldberg, L’âme du tyran retourne sous terre, Aquatinte et collage, 17×21 cm.

 

 

 

 

 

 

 

Iris Dwir-Goldberg, Les âmes qui sont devenues des animaux, Aquatinte, 15×14 cm.

 

 

 

 

 

 

 

Iris Dwir-Goldberg, L’âme qui a choisi de devenir un oiseau, Aquatinte et collage, 16×20 cm.

 

 

 

 

 

 

 

Iris Dwir-Goldberg, Air, Monotype, 21×24 cm.

 

 

 

 

 

 

 

 

Iris Dwir-Goldberg, Mer, Monotype, 20×24 cm

 

 

 

 

 

 

 

Iris Dwir-Goldberg, Feu, Monotype, 20×24 cm.

 

 

 

 

 

 

 

Iris Dwir-Goldberg, Attraction / Amour (Ishtar, la déesse babylonienne de l’amour), Eau-forte et collage, 20×30 cm.

 

 

 

 

 

 

Iris Dwir-Goldberg, Répulsion / Discorde, Eau-forte et collage, 20×30 cm.

 

 

 

 

 

 

 

Orlane Volckaert
Orlane Volckaert, artiste autodidacte, travaille majoritairement des textiles et objets en tous genres sous forme d’installations. Une première Flash-exposition à Paris janvier 2018 et une exposition collective à Bristol (UK) Février 2019 ont été majoritairement composées d’installations. Ses œuvres sont des travaux engagés poussant le public à la réflexion et à la remise en question. Pour l’exposition Voyages imaginaires, Orlane nous présente pour la première fois une collection de pastels gras tirés de ses carnets, de voyages et de moments d’intimités.
« Le rouge pour dénoncer la violence, crier à l’amour, ou simple allégorie se mêlant à la matière, aidant à transmettre pulsion et réflexions à peine consciente. Métaphore visuelle. Le rouge comme un mantra, un leitmotiv obsessionnel. Un voyage au cœur de mon intimité. »

 

Orlane Volckaert, Avant le monde, Pastels gras sur papier à la cuve, 120x80cm.

 

 

 

 

 

 

 

Orlane Volckaert, La fuite, Pastels gras sur papier à la cuve, 120x80cm.

 

 

 

 

 

 

 

Orlane Volckaert, Carnet 1, Pastels gras sur papier, 42×29,7cm.

 

 

 

 

 

 

 

Orlane Volckaert, Carnet 2, Pastels gras sur papier, 42×29,7cm.

 

 

 

 

 

 

 

Orlane Volckaert, Carnet 3, Pastels gras sur papier, 42×29,7cm.

 

 

 

 

 

 

 

Orlane Volckaert, Carnet 4, Pastels gras sur papier, 42×29,7cm.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • du 25 au 28 mars
    Lausanne